Sur le fond, l’amélioration de l’image du viager passe par l’approfondissement au niveau national d’une réflexion sur la question du rôle du patrimoine immobilier et de la propriété privée dans la protection sociale. Dans ce cadre, il serait envisageable d’inscrire très fortement le viager comme un moyen de maintien à domicile et de ralentissement de la dépendance (chez soi, on vit mieux plus longtemps). Les actifs ne pourront pas porter seuls indéfiniment le poids des inactifs, cela d’autant qu’il y aura une baisse de revenus et une augmentation du coût de la dépendance. Il sera donc nécessaire que les inactifs trouvent d’autres ressources ; pourquoi ne se procureraient-ils pas des liquidités à partir de leur actif immobilier ? Cette approche nouvelle ferait lever le frein « moral » à la vente en viager.
Par ailleurs, force est de constater que le produit contractuel demeure extrêmement mal connu. Pourquoi dès lors ne pas envisager une politique d’information en lien avec les professionnels que sont les notaires et les agents immobiliers spécialisés ? Ainsi éviterait-on les erreurs d’appréciation résultant d’une absence de vulgarisation, les notaires eux-mêmes ne communiquant souvent sur le viager qu’à l’occasion des successions.
Complémentairement, un débat sur notre rapport à l’épargne et à sa nature pourrait contribuer à une évolution des mentalités. Nous continuons en général de considérer différemment une épargne qui se matérialise dans un bien immobilier et celle qui s’investit dans un produit financier (livret de caisse d’épargne, PEA...), dont la libre consommation par son détenteur est socialement mieux admise.

LES VIAGERS IMMOBILIERS EN France AVIS ET RAPPORT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL Mme Corinne GRIFFOND